Santé mentale · 5 min

Absentéisme 2025 : le désengagement est devenu un risque santé — et vos managers sont en première ligne

En croisant les données de l'ANACT et les analyses de Welcome to the Jungle, un constat s'impose : absentéisme et « quiet quitting » sont les deux faces d'un même problème. Et il a changé de visage en 2025.

Cécile AlgerPar Cécile AlgerExperte QVT en entreprise

Ce que disent les chiffres

Selon le Baromètre annuel de l'absentéisme 2025 relayé par l'ANACT, les troubles psychologiques — dont le burn-out — sont devenus la 2ᵉ cause d'arrêt de travail (16 %), désormais devant les troubles musculo-squelettiques. Ce qui éloigne les salariés du travail n'est plus seulement physique : c'est de plus en plus psychique.

Deuxième signal, plus inattendu : les managers ne sont plus épargnés. Leur taux d'absence atteint 53 %, en hausse de 8 points en un an. Les 18-34 ans restent par ailleurs les plus exposés aux arrêts (jusqu'à 49 % chez les 18-30 ans).

Derrière les arrêts, le désengagement

Ces absences ne sortent pas de nulle part. Comme le documente Welcome to the Jungle, près de 28 % des salariés en France se déclarent désengagés (Baromètre national de l'engagement au travail, Supermood). Le « quiet quitting » n'est pas de la paresse : c'est souvent un mécanisme de protection face à des conditions de travail qui menacent la santé.

Mais ce repli n'est pas neutre. Passer huit heures par jour désengagé use autant que le surengagement. Le désengagement n'est donc pas l'inverse du burn-out : c'en est parfois l'antichambre. Le cercle vicieux est là : conditions dégradées → désengagement → mal-être → arrêt.

Ce que ce croisement nous apprend

Trois enseignements pour les directions RH :

  • Le bien-être n'est plus un « plus », c'est de la prévention santé : quand 16 % des arrêts sont d'origine psychique, agir sur la charge mentale relève de la prévention des risques professionnels.
  • Les managers sont une population à risque, plus seulement un relais : les soutenir devient prioritaire.
  • Le baby-foot ne suffira pas : la QVCT, telle que la définit l'ANACT, porte sur les conditions réelles de travail, pas sur des gadgets.

4 leviers concrets dès ce trimestre

  • Créer des temps de récupération sur le lieu de travail (sophrologie, respiration, massage assis) : des pauses courtes et régulières qui cassent la charge mentale.
  • Outiller et soutenir les managers : sensibilisation aux signaux faibles, espaces d'écoute.
  • Mesurer pour piloter : un baromètre interne simple vaut mieux qu'une intuition.
  • Rendre l'accès au soutien facile et sans stigmatisation.

Sources

ANACT — Baromètre annuel de l'absentéisme 2025 (veille-travail.anact.fr).

ANACT — Améliorer la qualité de vie et des conditions de travail / QVCT (fact.anact.fr).

Welcome to the Jungle — Désengagement, quiet quitting et santé mentale au travail (welcometothejungle.com), s'appuyant sur le Baromètre national de l'engagement au travail (Supermood).

Questions fréquentes

Le bien-être au travail est-il vraiment de la prévention santé ?

Oui. Quand les troubles psychologiques deviennent la 2ᵉ cause d'arrêt (16 % selon l'ANACT en 2025), agir sur la charge mentale et la récupération relève de la prévention des risques professionnels, pas du confort.

Pourquoi les managers sont-ils particulièrement touchés ?

Leur taux d'absence a bondi de 8 points en un an (53 %). Censés porter le collectif, ils subissent une pression accrue : les soutenir devient une priorité, pas seulement les outiller.

Un atelier bien-être ponctuel suffit-il ?

Non : un atelier ne répare pas une organisation. Mais il rouvre la conversation et crée des espaces de récupération réguliers, qui s'inscrivent dans une démarche QVCT plus large.

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